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Étape #04

Saint-Nicolas-de-Redon > Fégréac

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jeudi 16 juillet 2020
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le Résumé de l'Étape

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Infos territoires

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la Rencontre du Jour

Jérôme Ricordel

Avec le confinement, on a vécu une passation de pouvoir typique avec l'ancien maire.

On a eu de nouvelles solidarités : la confection de 1 500 masques par 32 couturières de Fégréac.

On est très lié à Saint-Nazaire, et on attend de voir les effets sur Airbus et les chantiers.

La crise a révélé notre besoin de renouveler les services de santé.

Il est très important que nous gardions des espaces de contact physiques.

Avec le déconfinement est apparu un début de marche dans le bourg.

Jérôme Ricordel

Maire de Fégréac

l'Image(s) du Jour

La rampe de lancement vers la Bretagne

Journée off du tour, j’erre au bord du canal de Nantes à Brest avant d’aller poser ma tente à Fégreac, à la carrière. J’en profite pour quitter le bourg de Saint-Nicolas pour aller jusqu’à la Vilaine, la limite du département. Je quitte la place Eugène-de-Fontaines, rythmée par les sonneries du passage à niveau et les vrombissements du train. J’attends la levée de la barrière et m’engage dans la grande RD 775. Je dépasse les grandes boîtes commerciales du Leclerc et de Décathlon, et longe l’alignement de platanes jusqu’aux quelques maisons qui précèdent l’écluse. C’est un paysage de bords de routes, de restaurants, de néons et de surenchère d’enseignes. En fond de scène, il y a l’église et Redon, en léger promontoire construit sur la roche. Le paysage est surchargé et me replonge subitement dans un souvenir. Je suis ici sur la rampe de lancement vers la Bretagne, comme je me suis senti sur la rampe de lancement de Gibraltar en traversant la Linea.

Là-bas, je marchais le long d’une route sur une langue de terre, avec la mer de part et d’autre, et avais le rocher britannique en ligne de mire. Je passais la douane, et attendais que la barrière se lève pour traverser transversalement la piste d’aéroport avant de rejoindre toutes les commodités de Gibraltar : commerces, hôtels, etc.

Ici, je roule le long d’une route sur une digue bordée de chaque côté par une zone inondable, et ai Redon en ligne de mire. Je passe la barrière du train, et me retrouve face à une succession d’éléments obstacles : digues, ponts, écluses. Il ne me reste qu’à passer le panneau d’entrée de Redon puis traverser transversalement la Vilaine.

L’échelle n’est pas comparable, les mobilités concernées différentes, mais l’enchaînement est similaire. C’est une aspiration vers un ailleurs : La Petite Bretagne plutôt que la Grande.

le Bourg du Jour

Fégréac

En provenance de Saint-Nicolas-de-Redon, je longe le canal de Nantes à Brest par les chemins de halage de la rive gauche. De l’autre côté, j’aperçois les plaines inondables de la Vilaine. Je passe le lieu-dit du Verger, et entre dans la commune de Fégréac, où le canal et la Vilaine se resserrent.

Sur ma droite, je laisse le marais drainé et pâturé, qui serre autant de prairies de fauche, de pâturage, que de zones d’expansion des crues l’hiver venu.

La forte présence de l’eau, dont témoignait Jean-Yves, continue de se ressentir ici. Il y a la Vilaine à l’ouest, qui constitue la limite départementale, le canal de Nantes à Brest qui marque la limite sud, l’Isac en parallèle, les plans d’eau, dont l’étang Aumée, le réseau de ruisseaux qui prend sa source sur les collines et le réseau dense de canaux drainants.

Arrivé à l’écluse du Bellion, je m’arrête à la carrière, avec son belvédère de 12 mètres de haut réalisé par Nicolas Polissky en 2013. On me raconte que derrière la frontière, il y avait à Rieux son jumeau. Légende urbaine ou fierté culturelle ?

En quittant le canal pour suivre le GR des 3 rivières (tiens, encore de l’eau), je m’éloigne de l’entaille boisée faite par la voie ferrée dans le paysage, et j’aperçois de nombreux boisements de petite taille sur les pentes, qui découpent l’horizon en plusieurs plans successifs. Je retrouve l’identité du pays redonnais.

Historiquement, Fégréac est un bourg carrefour, au tissu resserré le long des voies convergentes vers l’église et l’îlot de la poste. Les vieux murs en pierres apparentes sont nombreux. Des maisons anciennes de bourg ont de grandes qualités architecturales et leur ordonnancement structure des espaces publics très minéraux, variés et complémentaires… J’ai la tête au Morbihan.

Mais je profite aussi d’un spectacle verdoyant : il y a de nombreux points de vue sur le grand paysage depuis le cœur du bourg. Il y a aussi des jardins de qualité, des haies bocagères, de beaux sujets arborés. Les poumons verts sont nombreux dans le bourg.

Mais le bourg semble s’être considérablement étendu ces dernières décennies. D’abord dans les années 1980 par des lots libres au nord et à l’ouest. Puis en lien avec la création du contournement est (la RD773), il s’est accéléré au sud, avec des opérations de lotissement et une décentralisation des équipements. Les nouveaux habitants ont la possibilité de vivre au bourg de Fégréac sans pratiquer son cœur. C’est une des formes de périurbanisation de nos campagnes.

le Patrimoine du Jour

Le Transformateur

J’attendais avec impatience de revenir au Transformateur de Saint-Nicolas-de-Redon. J’avais eu la chance de le visiter il y a quelques années avec Sébastien Argant, paysagiste local, enseignant à l’école de paysage de Versailles et personne impliquée sur le site. Malheureusement, celui-ci est fermé, les seules permanences étant le vendredi de quinze à dix-sept heures. J’attendais de voir ce qu’il était devenu, mais le site reste géré associativement et il faut le préserver.

Le Transformateur, est un lieu géré associativement, suite à l’achat en 2001, par le Département de Loire-Atlantique d’un ancien site d’activité, les entreprises SEMÉS.

Situé en terre inondable, entre les bourgs de Saint-Nicolas-de-Redon et de Redon, le long du Canal, il a accueilli des Ateliers Pédagogiques Régionaux, et des chantiers expérimentaux.

Le nom fait référence aux trois transfos électriques présents sur le site, mais il parle surtout de transition sociétaire et environnementale. Classé en espace naturel sensible depuis 2005, on recherche ici une reconquête végétale d’un site urbanisé, et on observe les différents stades de renaturation, jusqu’au retour de la forêt.

Dans son Journal, Paul Klee écrivait quelque part que : « Dans la grande fosse des formes gisent les ruines auxquelles on tient encore, en partie. Elles fournissent matière à l’abstraction. Un chantier d’inauthentiques éléments pour la formation d’impurs cristaux. Voilà où nous en sommes. »

En référence à Antoine Lavoisier, qui nous rappelle que « rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme », ici on valorise tout ce qui est sur place.

Sur ce site de cinq hectares et demi, face aux glorieux immeubles de la rive bretonne de la Vilaine, les anciens hangars de 2800 et 1600 m sont préservés, les sols travaillés. Seuls les matériaux polluants sont évacués, le reste sert de support, de matière première, d’espaces tests, etc.

Faisant écho à l’éloge de la ruine faite par Piranèse ou Alois Riegl, le transformateur rétablit la nature comme patrimoine au-dessus de la production humaine. Cela le met en phase avec ma rencontre du territoire. Jean-Yves est conseiller délégué à l’environnement, Paulette passionnée de jardin. Tous deux ont été membres de l’association. Ils me disent qu’ici, la pêche et le vélo ont toute leur place. C’est culturel.

Mais il pose également la question du devenir de nos zones d’activités. Les friches centenaires sont revenues à la mode du renouvellement urbain, mais qu’en est-il des nombreuses zones d’activités d’après-guerres parfois essoufflées ? Quelle nouvelle vie leur donner ? Comment peuvent-elles faire partie intégrante de nos pratiques habitantes, qu’elles soient associatives ou de loisirs ? Comment élus, citoyens, architectes, paysagistes, peuvent-ils reprendre la main sur des hectares de territoires artificialisés produits à l’écart de nos bourgs ?

Chanson du Jour

Les filles de Redon

par Tri Yann

Un groupe nantais mythique qui remet au goût du jour la musique folklorique bretonne en chantant le pays redonnais